Mackenzie baby!

Mackenzie baby!

Ah, ma belle Mackenzie! Douce Mackenzie que je découvre comme une femme longtemps convoitée et qui se donne enfin! Mackenzie baby, dans tes courbes longues, larges et envoutantes, tes méandres qui me donnent envie de naviguer sur ta peau frissonnante. Mackenzie chérie, colonne vertébrale des Territoires du Nord-Ouest, du lac des esclaves jusqu’à la mer, je suis enfin là, et ensemble nous glisserons vers ma libération, vers mon retour à la civilisation. Porte-moi, ma jolie Mackenzie et ne faisons plus qu’un, l’aventurier dans son aventure, tel un amant dans le lit de la rivière. Je te traverserai le corps, grimperai sur tes flots et me laisserai caresser par la force de tes mouvements, je suis tout à toi. Plus imposante que le Mississippi, tu es celle que je cherchais et me voilà reposant en ton sein.

Bien installé sur la plage, content et satisfait de moi, repu de toute la beauté du monde et savourant la vision de ma Mackenzie baby, j’ai vu une chaloupe approcher. « AH! DES PÉCHEURS! » me suis- je dis tout content de cette concluante preuve d’une proche civilisation. Et puis, l’embarcation s’est dirigée vers moi. Pas un peu plus à gauche, pas tout à fait à droite, mais directement sur moi. C’est alors que j’ai remarqué que les pêcheurs avaient des uniformes, ce qui est plutôt rare. Une mode des Territoires du Nord-Ouest peut-être… puis, non, de toute évidence, il s’agissait d’une nouvelle espèce de gardes forestiers. Je suis allé à leur rencontre… pour me présenter. Mais ceux-ci me connaissaient déjà! D’emblée, j’ai tout déballé et avoué avoir tué un porc-épic illégalement, sans permis de chasse dans les Territoires du Nord-Ouest et que j’étais désolé, mais que je ne savais pas où j’étais et que j’allais immédiatement acheter ce permis après mon aventure. Aussi que c’était ça le but de mon aventure, c’est-à-dire de ne pas savoir où est la frontière et que si j’étais parti dans l’autre sens j’avais toutes les autorisations, mais que vers l’Est, eh bien, je ne pouvais savoir que, finalement, j’avais acheté un permis du Yukon pour rien et puis en même temps ce n’était qu’un foutu porc-épic très mauvais en plus…

« Relaxe! » m’a dit, en anglais, le mec en uniforme, car il connaissait bien mon aventure grâce à un des leurs qui parlait français et qui suivait mon blogue. Il savait donc que j’avais tué illégalement, mais une faute avouée dans un blogue est à moitié pardonnée dans la vraie vie. En fait, ils étaient là pour me souhaiter la bienvenue et m’inviter à passer à leur bureau une fois mon aventure terminée. Ce que je ferai. Du moins pour payer mon permis. Et puis, la femme de l’un des types m’avait préparé un sandwich que j’ai reçu comme un don du ciel. Qu’on se le dise, lorsqu’on se perd dans les Territoires du Nord-Ouest, on peut se faire livrer de la bouffe! Quelle surprise et quelle joie! Les êtres humains sont fantastiques! Merci madame, vous avez fait ma journée… mais la prochaine fois, un peu plus de moutarde s’il vous plaît. Je blague, c’était parfait! En vérité, c’est le meilleur sandwich que j’ai mangé de l’année. Encore merci.

Il me reste soixante-dix kilomètres pour atteindre Tulita, ma destination civilisation où, apparemment, à ce qu’on m’a dit, il y a un endroit qui prépare et sert de la pizza. Je ne sais pas si c’est un restaurant, une cafétéria, une épicerie, mais je vous jure que je ne vais pas me priver. Une douche aussi… à l’eau chaude. J’en rêve…

Ah Mackenzie baby! Je t’attaque avec le vent dans la figure, mais ton courant est bon. Mon embarcation saura-t-elle te dominer, te soumettre? Sincèrement, j’en doute! Peu m’importe, tu es mon dernier cours d’eau dans ces lieux et je profiterai de toi au maximum. La chanson THE FINAL COUNTDOWN en tête, je t’attaque en espérant que d’autres personnes suivent mon aventure et que j’aurai, avant de dormir cette nuit, une livraison de chocolat chaud et de biscuits Oréo.

Ou des biscuits feuilles d’érable.

Surprenez-moi!

Fred en trois points : 

Moral :  9 sur 10
Physique :  6 sur 10
Ce qui lui manque : prendre une douche

Capsule de Fred ayant servie à l’écriture de ce texte : 

Progression de Fred

Yukon_26-08-01-01

Bandeau conférence

24 réponses à “Mackenzie baby!

Coucou Frédéric,

Quelle nouvelle aventure ! quelle prose aussi ! Je suis toujours sous le charme. Félicitations pour tout ce que tu nous transmets.
Pour les chocolats, viens donc chez nous en récupérer. Je te promets des Marguerites, tu les connais…

Bisous de nous deux et prends soin de toi.
Monique et Franck

J’espère que ce dernier périple nous réserve une petite anecdote croustillante pour la fin de ton aventure. Une chose est sûre je ne traverserai plus un cours d’eau sans me rappeler que l’eau suscite le fantasme, de l’adrénaline pure, un équipement de survie à mettre dans tes bagages. Désolée que ça achève, ton parcours devient de plus en plus porc-épic-ment passionnante.

Félicitations, Bravo et c’est presque terminé. « Mckenzie baby » selon moi, c’est le plus beau de vos textes. Et j’ai eu du plaisir à vous lire tout au long de cette aventure. Bonne nuit et à demain.

Cher frédéric,

Nous avons vu deux de tes conférences et tu nous surprends à chaque fois avec ton sourire, ton positivisme , ta force mentale. Tu as une très grande force intérieure pour vivre cette difficile expédition avec les éléments de la nature sauvage Nous sommes de tout coeur avec toi. Tu as été au delà de ta zone de confort et tu nous inspires dans notre vie pour nous dépasser à différents moments. À Bientôt Marie de Bané et Alain Bernier

Cher Fred, j’adore te suivre et je ne sais pas qui écrit pour toi sur le blog mais cette personne a la plume douce et romantique…. On voit que la fin approche….bravo jusqu’ici tu t’en tires bien….et on partagera ton bonheur d’avoir réussi ton défi!

Mes amis et moi sommes des adeptes de survie, et je fus dans le mouvement scout pour une dizaine d’années. Votre aventure m’émerveille et m’inspire :). J’ai senti votre faim et je fus fier de votrev prise. Est-il vrai que le porc-epic (chassé légalement) est l’animal « le plus propre » de la forêt canadienne? Qu’il nécéssite pas ou peu de cuisson pour éviter d’en être malade? J’ai apprécié empathiquement votre déjeuner et votre café à la pourvoirie ainsi que votre sandwich d’aujourd’hui. Quelle aventure!

Mes élèves du primaire rentrent la semaine prochaine, je leur ferai la lecture de votre expédition, une journée à la fois! Ce sont les gens passionnés comme vous qui servent de modèles à nos futurs louveteaux :). Votre voyage est une métaphore puissante!

Allez! Pagayez, pagayez!
…et sois prudent, comme dirait ma mère.

Sébastien

WOW !!! MOI JE TE SUIVRAI PARTOUT TU ES SI CONVAINQUANT LA OUFFFFFFFFFFFFFF CONTENT QUE TU AS TRAVERSER TOUT CA SAIN ET SAUF … ROCK ON FOR ME ROBERT MAC KENZIE

Tu n’aimerais pas mieux des toasts au beurre d’arachides? En tout cas, ce fleuve Mackenzie, mon père m’en a tellement parlé. .. le grand lac des esclaves aussi en passant… Toute jeune, il nous passait des films en noir et blanc de l’ONF sur le fleuve et toute cette belle nature que tu as la chance de voir en personne… Toutes les fins de semaine, dans le petit corridor, il mettait un drap blanc (notre ecran), et avec sa « machine à vues » on a exploré Le Grand Nord en noir et blanc. Le dernier chercheur d’or, la Nahanni, tous ces beaux espaces que tu photographies dans ta tête pour le restant de ta vie. Jamais tu n’oublieras! Bon périple et essaie de te reposer…. niveau fatigue, c’est marqué 6 sur 10. Alors…. essaie autant que tu peux….

Bien heureux pour toi Fred que tu aies rencontré Mackenzie baby!
Laisses-toi envoûter par ses courbes et files vers la civilisation!

Oh que oui!
Bravo Fred, tu y es…mission accomplie!
Tu marques encore une fois, par tes audaces, l’histoire du peuple, notre histoire que tu fais revivre, rejaillir des profondeurs ataviques.
Merci Frédéric Dion.
Longue vie!

ah ah quel poete Fred, il va etre temps que tu rentre a la maison on sent un manque autre que la bouffe ici 😉
bonne finale!!! je te souhaite plein de chocolats

« Ah ben là »… qui aurait pensé que Frédéric érotiserait magistralement et fantasmerait sur une rivière. Il faut le faire. Et quelque part, il me fait penser à Gilles Vigneault (J’ai pour toi un lac) pour celles/ceux qui connaissent. Quel plaisir de continuer à lire ce récit suave et invitant.
Mais il faudrait bien refaire un peu la réputation gustative du porc-épic… non ! Ce pauvre rongeur en a pris pour son rhume… lui qui a peut-être permis de continuer l’aventure à un moment critique où les protéines étaient en demande.
Allez Frédéric… dites un bon mot pour lui.
Bonne suite !

Merci à celle ou celui qui nous a fait de si beaux résumés des capsules de Frédéric.
Bravo à tous qui nous a permis de suivre les péripéties de ce grand aventurier.
Moi j’ai aimé et c’était intéressant de communiquer aver tous ces gens qui le suivait.

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