Rite de passage

« Un voyage, c’est tourner une page de notre vie, une coupure avec ce qu’il y avait avant. » Ces paroles me semblent empreintes d’une grande sagesse. Elles furent prononcées de la bouche d’un homme qui a passé sa vie à faciliter ces rites de passages : le chauffeur du taxi. Les bons mots, dits au moment où l’être fragile se laisse bercer par l’isoloir roulant, ne sachant vraiment pas ce qui l’attend, juste avant d’entrer dans le tourbillon de l’aéroport…

Me revoici, un mois et demi plus tard, dans cet avion qui me ramène au bercail avec ma femme et mes deux filles qui dorment paisiblement. Une autre grande aventure complétée. Je n’ai rien annoncé publiquement. C’était un secret. Pas de publicité, de compte à rendre ou d’entrevue. Ce voyage devait être vécu de l’intérieur avant tout. Sur l’écran de navigation devant moi, la Nouvelle-Zélande est redevenue une petite icône à l’autre bout de la carte électronique. Mais en un scintillement de neurones, les images des 45 derniers jours me permettent de comprendre que je ne serai plus jamais le même. Le passage est complété.

 

La Nouvelle-Zélande est un pays extraordinaire et merveilleux ! Pourtant, j’y ai trouvé beaucoup plus que des paysages, des montagnes, des plages et des grottes. Ce qu’il y avait là-bas, c’était… l’amour. Celui d’une femme perdue au détour d’un rythme de vie effréné. Le travail, les engagements, les comptes, l’école, les maudits lunchs, Internet qui devait faciliter nos vies, mais qui les complique avec 10 nouvelles façons de communiquer sans contact humain (Facebook, Twitter, Messenger, GMail…) et les affreux mots de passe qui nous demandent au moins huit caractères, une majuscule, un chiffre, un symbole et quoi d’autres ? Tout ça finit par nous laisser trop peu de temps pour l’essentiel… NOUS ! NOUS en tant qu’individu, en tant que couple et surtout en tant que famille.

 

Pour un mois et demi, NOUS NOUS sommes retrouvés, dans un campeur que nous avons affectueusement nommé « Bigfoot ». Un beau grand 15 mètres carrés mobile pour découvrir un pays de contrastes. Dans la vie de tous les jours, avec les contraintes et obligations normales, je passe seulement une à deux heures de qualité avec celles qui donnent un sens à ma vie. Là-bas, nous étions ensemble 24 heures sur 24. Des crises d’enfants ? Ben oui, on en a eu quelques unes ! Et des désaccords d’adultes aussi ! C’est parfait comme ça ! On ne s’expose pas à l’insécurité sans que des tensions soient créées. Mais au final, ce fut magnifique, mémorable. Je garde des tonnes de rires en mémoire. Bonheur ! J’ai découvert que mes filles rigolent dans leur sommeil ! Je ne savais pas. La proximité permet des découvertes fascinantes. Peut-être que moi aussi ? Je vais leur demander…

 

Je remercie la vie de m’avoir donné le courage de stopper la machine pour marquer une étape. Je remercie ma femme d’avoir insisté sur l’aspect « loin des réseaux sociaux ». J’en avais besoin pour plonger plus profondément vers les trois axes de mon bonheur : moi, mon couple, ma famille. Nous avons pris le temps de parler, revisiter nos valeurs.  L’avion nous ramène doucement chez nous, avec des idées, des projets et des rêves à partager. La Nouvelle-Zélande se taille une place de prestige dans mes plus beaux souvenirs. J’y reviendrai, je l’espère…

 

Je me demande ce que dira le chauffeur de taxi à Dorval, cette fois ?

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