Frayeur

« J’ai vraiment eu un moment de panique. Sans mon traîneau, je n’avais plus de tente, plus de sac de couchage, plus de réchaud et plus de nourriture. Je tombais tout nu au milieu de l’Antarctique. Mais je me suis dit que j’avais déjà survécu 4 jours dans le froid sans eau ni nourriture lors d’une autre expédition, alors je pourrais m’en sortir. »

C’était dimanche, jour 42 d’Antarctique Solo. Le petit cerf-volant de tempête étant trop petit pour permettre à Frédéric d’avancer, ce dernier l’a changé pour un plus grand, malgré les vents qu’il savait un peu forts, tirant sur la corde prévue pour freiner sa puissance. Mais là, wouuuufff, la voile s’est emballée, Fred est passé de 0 à 40 km/h heure en 1 seconde, sur les talons pour franchir les sastrugi – « bang, bang, bang, bang, bang » – pour 300 longs mètres. Mais « ça, c’est normal », qu’il raconte. Le problème, c’est que durant cet épisode pour le moins décoiffant, la corde qui l’attachait au traîneau s’est brisée. « Je me suis retourné pour voir où était le traîneau et… je ne le voyais plus. Il est blanc, le traîneau, dans un endroit blanc. Il vente à 40 km/h, ce qui efface mes pistes… Après 20 minutes de recherches à pied, je l’ai enfin trouvé. » Et malgré cet incident, le vaillant gaillard aura réussi à se rapprocher du but de 127 km. Sa conclusion du jour: « Rien n’est acquis et une erreur en Antarctique peut vite devenir une catastrophe dans cet endroit dangereux. »

Nonobstant cette bonne frousse vécue la veille, un Fred bien reposé s’est réveillé lundi sur une journée sans vent. Après avoir attendu de longues heures, il aura skié un difficile 12 km en 1 heure 30, érigeant le campement à 184 km du pôle sud. Mais ne sortons pas trop tôt tambours et trompette car il doit maintenant se rallonger de 160km pour contourner la zone appelée “Clean Air Sector”, un endroit strictement interdit d’accès qui contiendrait apparemment l’air le plus pur sur terre. « Ce n’est pas grave, qu’estime sereinement l’énergique personnage, je suis en avance sur mon calendrier. »

La chanson du jour: Les étoiles filantes – Les Cowboys Fringants
Audio: 20141222

Panic

I really had a moment of panic. Without my sled, I had no tent, no sleeping bag, no stove and no food. I was naked in the middle of Antarctica. But I told myself since I had already survived four days in the cold without food nor water in the past, I could survive.

It was Sunday, day 42 of Antarctique Solo. The small kite was too small to allow Frédéric to go on so he changed it for a larger one, knowing that the winds would propably be too strong for this, pulling the rope made to slow its power. But wouuuufff, the sail flew up in the sky, Fred went from 0 to 40 km/h in 1 second, on his heels to croos the sastrugi – bang, bang, bang, bang, bang – for a long 300 meters! But that’s normal, he says. The problem is that during this mind-blowing episode, the rope that was attached to the sled broke. I turned to see where it was and… I could’nt see it no more. The sleigh is white in a white place and in a wind of 40 km/h that ereases my tracks… After 20 minutes of searching by foot, I finally found it. And despite this incident, the valorous strapper got 127km closer to the goal. His conclusion: Nothing is acquired and a mistake in the dangerous Antarctica can easily turn into a disaster.

Still, after this scary experience, a well rested Fred woke up Monday on a day without wind. After waiting for the wind for hours, he skied 12km in 1 hour and a half of hard work, erecting the camp at 184km from the South Pole. But do not call the fanfare too early because he must now extend 160km to bypass the area called « Clean Air Sector, » a prohibited place which apparently contains the purest air on Earth. It’s okay, estimates the energetic character, I’m ahead of my schedule.

The song of the Day: Les étoiles filantes – Les Cowboys Fringants
Audio: 20141222En

 P1020763

11 réponses à “Frayeur

Salut Fred, pour ta prochaine expédition, faudra penser à un système de télécommande qui enclenche une fusée éclairante installée sur ton traîneaux. Comme ça, tu pourras retrouver ton traîneaux plus facilement. Peut-être pratique si tu te ramasse sur le dos incapable de bouger. Ça permet au moins aux équipes SAR de mieux te retrouver. Ou encore, y insérer une balise GPS qui peut te transmettre sa position 😉

Dommage que tu ne sois pas sur l’autre côté du globe, au pôle Nord, tu aurais pu faire du pouce et te faire ramasser par le traineaux du Père Noël pour le retour.

Je te souhaite de passer un joyeux Noël dans ta solitude, mais sois assurez, que beaucoup ici penserons à toi.

Wow! Quelle frayeur. Ne lâche pas. On t’envoie du bon vent. Bravo pour tout ce que tu as accompli. Il faut toujours garder espoir et parfois, lentement dans la bonne direction que rapidement dans la mauvaise…

Oui,c’est vrai juste à te lire ça donne des émotions.
Ah,que j’aimerais que le Père Noël contourne le Pôle Nord pour arriver vers toi au Pôle Sud,pour t’embarquer dans son traîneau en direction du Québec pour te déposer à la porte de ta demeure où t’es 3 Amours t’attendent.
Sois prudent comme toujours.Bonne route.
« la patience du temps est toujours récompenser »

Skål,

Ce matin en prennant ma douche j’ai pensé à toi! La facilité de l’eau chaude… 42 jours… tu utilises du « febreeze »?? 😉 Chauffer la neige pour la fondre puis se laver à la débarbouillette à -45°C l’eau sur la peau gèle même si ce n’est qu’un film d’eau… bref je suis curieux de connaître ta technique de lavage corporel. Aussi lorsque tu te brosse les dents tu utilises de la pâte à dents? Tu craches où? Ta barbe ne semble pas trop pousser vite… Non… tu te rases à la pioches sans crème? Y a t-il un listing de ton matériel détaillé de départ? Joyeux Noël!!! Skål!!!

Bon 23 Déc. mon ami, juste à lire ton récit j’ai la chaire de poule…Bonne route en ce beau mardi…SOIS PRUDENT ….au plaisir de te REVOIR…..ton amie LISE xxx

Ne pourrait-il pas avoir son kit de survie dans son sac à dos, au moins son téléphone satellite, son réchaud, sa pelle, une couverture de survie et pour quelques jours de nourriture. S’il perd sa tente, il pourra toujours creuser pour se faire un igloo.

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